Les meilleurs marathoniens sont-ils forcément squelettiques ?

Etude du poids et de la taille des meilleurs marathoniens français

On en conviendra tous, les marathoniens ont rarement la même morphologie que les sumotoris. Pour autant, n'ont-ils que la peau sur les os ? Pour aller vite sur les 42,195 km de la distance mythique, faut-il être squelettique ?

Pour cette étude, nous nous sommes intéressés aux 200 meilleurs chronos réalisés sur marathon par les licenciés français en 2013, tels qu'ils apparaissent sur la première page bilans de la base FFA. Sur les 200 marathoniens concernés, 77 ont renseigné les rubriques poids/taille de leur fiche personnelle. Ces athlètes ont réalisé des performances allant de 2h08 à 2h40.

En traçant le graphique de la taille en fonction du poids, on met en évidence une certaine variété dans la morphologie des athlètes :

Graphique de la tailel en fonction du poids pour l'échantillon de 77 coureurs

Etude de la taille

Intéressons-nous de plus près à la taille de ces coureurs :

Histogramme de la taille de 77 marathoniens

Les tailles s'échelonnent de 1,59m à 1,91m, pour une moyenne de 1,76m et un écart-type de 6cm.

Etude du poids

L'étude du poids (graphique ci-dessous) montre une moyenne 62,5kg avec un écart-type de 6,5kg. Histogramme du poids de 77 marathoniens

Etude de l'IMC

Mais l'étude de la taille ou du poids de manière isolée n'est pas satisfaisante. Considérons donc l'IMC (Indice de Masse Corporelle), qui fournit une bonne estimation de la corpulence d'une personne. Rappelons que l'IMC est calculé de la manière suivante :

IMC = Poids en kg / (Taille en m)²

Les IMC de l'échantillon considéré se répartissent selon l'histogramme suivant :

Histogramme de l'IMC de 77 marathoniens

La moyenne des valeurs d'IMC est de 20,16 pour un écart-type de 1,35.

Remarquons que 87% des athlètes de notre échantillon ont un IMC compris entre 18,5 et 24, ce qui traduit une corpulence "normale". Seuls 13% d'entre eux ont un IMC indiquant une maigreur.

Corrélation IMC/performance ?

Nous avons vu jusque là que les poids et tailles des meilleurs marathoniens présentent une certaine variété et que la grande majorité d'entre eux n'exhibent pas des IMC extrêmes. Pour conclure ce billet, étudions une possible relation entre l'IMC et la performance. Le tracé du temps au marathon en fonction de l'IMC produit le graphique suivant :

Temps au marathon en fonction de l'IMC

On constate de visu une certaine corrélation entre ces 2 paramètres. Statistiquement, la corrélation est relativement significative (indice de corrélation r environ égal à 0.5).

Attention : cette corrélation n'est valable que pour l'échantillon considéré et ne saurait être extrapolé à l'ensemble des marathoniens.

Dans un prochain billet, nous nous intéresserons à la corpulence des athlètes de l'ensemble des disciplines de l'athlétisme.